Avant le tournage

Tout commence bien avant d'allumer la caméra. L’écriture est une étape à part entière, souvent invisible, mais pourtant essentielle et déterminante. C’est là que le projet prend forme, que les intentions se précisent et que l’univers commence à exister. Mais le chemin est rarement linéaire.

On en parle de la difficulté à trouver une idée ? Une vraie idée qui tient la route. Parfois on cherche longtemps, on doute, on tourne en rond. Et même quand on tient quelque chose, il faut encore la construire, lui donner une direction, la rendre claire. On teste, on change, on recommence. Ce n'est pas toujours simple, mais c’est dans ces allers-retours que le projet se structure et gagne en cohérence.

Pour trouver une idée, je cherche à m'inspirer de tout (une phrase, une réflexion, un son…). Tout passe par mon imagination.

Puis je me demande : qu'est-ce que j'aurais vraiment aimé faire ?

J’ai découvert les mécanismes du récit et acquis des repères théoriques au cours de mon parcours universitaire. Mais c’est surtout en continuant à lire, en explorant différents ouvrages consacrés au scénario, ainsi qu’en m’imprégnant des conseils et des expériences d’autres scénaristes, que j’ai réellement nourri ma pratique. Chaque lecture, chaque retour d’expérience ouvre une nouvelle perspective, propose une autre manière de penser et de construire une histoire.

L’écriture d’un scénario passe souvent par les personnages et les conflits internes et externes. Je cherche à comprendre profondément leurs intentions, leurs contradictions, leur manière d’être au monde. Ce travail me permet d’avoir une vision assez précise de leur présence, de leur énergie et de leur manière de s’exprimer. Cela rend ensuite le travail plus fluide, que ce soit sur le plateau ou dans la direction d'acteur, car je sais plus précisément ce que je cherche chez une personne, au-delà du texte.

Le storyboard… j’adore cette partie, parce qu’elle se situe entre ce qui est déjà construit et tout ce qu’il reste encore à faire. Il donne une première traduction visuelle aux idées, une première mise en scène. Ça permet d’explorer, d’imaginer les enchaînements de plans, de tester sans contrainte. Rien n’est encore figé, mais cette étape aide déjà à clarifier beaucoup de choix et à mieux percevoir le film en devenir.

(Rouge Sang)

(Vidéo courte verticale)

Le découpage technique, le dépouillement et le plan de travail ancrent le projet dans quelque chose de plus concret. Ils structurent l’avancée du projet et en facilitent la coordination. Dans l’idéal, chaque élément est anticipé, organisé et ajusté afin que le tournage se déroule sans encombre et que toute l’équipe avance avec une compréhension commune. Mais dans ma pratique, surtout lorsque je travaille seule, je m’autorise une approche plus souple. Il m’arrive de ne pas faire de dépouillement ni de découpage technique détaillé, et de construire un plan de travail plus simple, suffisamment clair pour savoir quels plans peuvent être tournés dans la même journée. Cette manière de faire reste fonctionnelle, tout en laissant une place à l’adaptation et à l’instinct sur le moment.

Pendant le tournage

Sur le plateau, c’est là que tout devient irréversible, le film se construit plan après plan. Un cadre, une lumière, une position dans l’espace peuvent suffire à transformer une scène. Tout se joue dans l'ajustement.

La préparation reste un point d’appui, mais la réalité du plateau impose de s’adapter en permanence. Il faut faire des choix rapidement, composer avec les contraintes, et savoir aller à l’essentiel quand c’est nécessaire. Avec le temps, certains réflexes s’installent presque sans y penser, sécuriser les réglages, anticiper ce qui peut l’être, simplifier dès que possible pour garder de la fluidité.

Mes repères de mise en scène, que je garde en tête selon le projet :

Mais au-delà de tout ça, l’essentiel est de rester ouvert et en cohésion avec l’équipe. Il y a toujours une part d’imprévu et ce sont souvent ces moments inattendus qui donnent le plus de justesse et de vie à une scène.

Après le tournage

Ce qui a été capté devient une matière à retravailler. Le montage permet de reconstruire, de préciser le rythme, mais aussi de faire émerger des intentions qui n’étaient pas toujours perceptibles sur le moment. C’est une forme de réécriture tout aussi déterminante.

Le son vient ensuite enrichir l’ensemble en profondeur. Souvent subtil, il transforme fortement la perception des images, apporte cohérence, texture, sens, et renforce la lecture de la scène.

L'image est reprise plus finement à travers l’étalonnage. Le travail devient plus précis et plus localisé, notamment grâce aux masques qui permettent d’intervenir sur des zones spécifiques. Corriger une lumière, équilibrer une teinte, orienter le regard. C'est souvent dans ces détails que l'ensemble trouve son unité et affirme son identité.

... Projet en cours

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